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Jean Maurice Bonneau nous livre son avis sur le livre : Une vie de cavalier

Jean-Maurice Bonneau

Jean Maurice BONNEAU, cavalier international, sélectionneur et Chef d’équipes nationales de saut d’obstacles, a lu « Une vie de cavalier » du Général Durand. Il nous livre pour les Amis du Cadre noir, dont il est adhérent, ce qu’il en a appris, et ressenti en parcourant les pages avec la passion d’un homme de cheval et l’expérience de l’encadrement de cavaliers, qui sait que « le passé doit conseiller l’avenir » (Sénèque. Lettres à Lucilius, LXXXIII – env. 64 ap. J.-C). Merci à lui

Une vie à cheval

En refermant le livre du Général Durand, j’ai fermé les yeux et me suis mis à imaginer ce parcours exceptionnel entre les premières expériences à dos de trait bretons en Charente jusqu’au firmament en tant que Grand Dieu de la prestigieuse institution équestre « Le Cadre noir ».

Il nous fait un cadeau merveilleux car l’écriture est aussi stylée et légère que l’équitation qu’il a pratiquée, enseignée et défendue.

Il nous fait voyager entre les différentes garnisons françaises mais également en Algérie à la tête des Spahis, au Japon en tant qu’ambassadeur et enseignant de notre art équestre à la française sans oublier les nombreuses compétitions internationales, championnats et Olympiades dans les trois disciplines Olympiques.

Une vie à cheval, du Cadre noir aux équipes de France

Premier écuyer en chef ayant connu le succès au plus haut niveau en complet, dressage et saut d’obstacles à être nommé à la tête du Cadre noir en 1975.

J’ai lu avec intérêt et un certain amusement le passage sur l’époque ou Jean D’Orgeix intégra Saumur en 1974.

J’ai eu le privilège d’être entrainé par Paqui mais je connaissais aussi ses excès et j’imagine combien la cohabitation a due être parfois houleuse tant les personnalités étaient entières et convaincues.

Le Général a la générosité de nous offrir à lire les échanges de courriers de nos illustres anciens aussi passionnants que finement écrits.

Passé le plaisir de la première lecture, au final, je me suis posé la question du pourquoi.

Quel but ce livre poursuivait ?

En fait, nous devons attendre la fin de l’ouvrage pour comprendre que l’auteur nous met face à nos responsabilités.

Je dis bien nous car, bien qu’il s’adresse aux écuyers de noir vêtus, je me sens parfaitement concerné par les questions posées.

« Toutes les évolutions d’une discipline ou d’un art sont elles des progrès ? »
« Peuvent-elles parfois conduire à des dérives ? »

Conscient de ce que l’inscription de l’équitation de tradition française au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO impose comme devoirs, le Général Durand nous mène à réfléchir sur l’avenir de l’équitation.

Art équestre adapté en respectant les valeurs liées au cheval et aux règles ou pratique anarchique dont la fin justifie les moyens ?

C’est en tout cas ma lecture de cet ouvrage et il m’est arrivé souvent devant certaines pratiques et attitudes dans le sport de haut niveau de me demander comment éviter les dérives.

D’ailleurs, dès l’introduction le Général nous parle du « facteur commun à toutes les spécialités est la soumission, librement consentie dans le meilleur des cas parce qu’obtenue sans contraintes parasites »

Par ce préambule, il nous ouvre la voie et en conclusion nous interpelle.

En tant que « passeur » le Général Durand, qui parle si bien et en permanence des grands anciens  est parfaitement dans son rôle en nous laissant ce testament.

Je souhaite qu’une promotion plus importante soit faite de cet ouvrage car c’est rendre service à nos pratiquants que de les inviter à parcourir ces pages que j’ai dévorées avec gourmandise.

Je suis admiratif des grandes nations équestres comme l’Allemagne, les Pays Bas et d’autres encore qui savent garder leurs grands anciens dans l’entourage des athlètes en activité.

Nous aurions beaucoup à gagner en intégrant toutes ces mémoires au passé prestigieux dans les filières du haut niveau car chasser en meute est toujours plus efficace qu’en solitaire.

Le débat est ouvert et il est de notre devoir de le poursuivre ensemble pour que le Cadre Noir et l’ENE puissent continuer de mener leur missions dans le respect de leurs traditions mais totalement connectés au sport de haut niveau du XXIème siècle.

Jean-Maurice BONNEAU

  • Membre de l’équipe de France de saut d’obstacles de 1987 à 1996 (Médaille de Bronze par équipes au Championnats d’Europe de saut d’obstacles – 1995)
  • Entraîneur – Sélectionneur de l’équipe de France de saut d’obstacles de 2000 à 2006
  • Entraîneur-Sélectionneur, Chef d’Equipe du Brésil de saut d’obstacles de 2001 à 2015
  • Entraineur privé entre autre de Patrice Delaveau, Kevin Staut, Philippe Léoni, Frédéric Busquet…
  • Vice-président de Chantilly Jumping organisateur du Global Champions Tour de Chantilly

 

Une réponse à “Jean Maurice Bonneau nous livre son avis sur le livre : Une vie de cavalier

  1. Magnifique réaction de Jean Maurice. Nous avons là deux piliers de l’équitation sportive qui ont tellement marqué chacun leur époque. J’ai encore en tete, lorsque l’école était un outil au service du sport et surtout de la Fédération , Jean Maurice qui , avec Hubert Comis, est à l’origine des Poles France et Poles Espoir qui se sont installés à Terrefort . Et je revois le Général Durand demandant à l’entraineur national , un peu plus jeune que lui, s’il pouvait discrètement assister aux séances de travail et d’entrainement des cavaliers de l’équipe de France…
    Ils sont du même « bois » et ils inspirent tellement le même respect. Bravo et merci à vous deux. Vous nous avez tellement appris.

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