Acheter en ligne La revue de prestige des Amis du Cadre Noir 2017 (102 pages)

Le mot du président – Ludovic de Villèle

« Entre tradition et modernité »

La Revue des Amis du Cadre noir doit contribuer à la réflexion sur l’avenir du Cadre noir.

Depuis plusieurs années, le bien fondé du Cadre noir, sa pérennité, voire sa justification sont remis en cause.
Contexte de contraintes budgétaires, réduction des engagements de l’Etat, revendications par des citées concurrentes au nom de leur passé équestre pour accueillir cette prestigieuse institution, voire la disparition pure et simple du Cadre noir a été l’objet de nombreux commentaires.

S’il semble qu’aujourd’hui il n’y ait moins lieu de s’alerter sur le maintien du Cadre noir à  Saumur, puisque son avenir s’identifie pleinement à l’Ecole Nationale d’Equitation comme naguère l’Ecole de cavalerie, il est indispensable de réfléchir à sa nécessaire adaptation tout en préservant ce qui fait du Cadre noir, une institution d’excellence de renommée internationale.

Le Cadre noir de Saumur a déjà connu des périodes de turbulences, et à manqué de disparaitre à deux reprises, pendant la Grande guerre et de 1940 à 1945. Il a su relever les défis de son temps.
Comme toute institution, refuser aujourd’hui de s’adapter, c’est assurer sa disparition.
Cela passe par une réflexion sur les missions, le rôle, l’organisation et les partenariats que le Cadre noir doit mettre en place.

On connaît ce qui en a fait sa renommée internationale (une équitation héritée des valeurs anciennes, de très nombreux succès en compétition au plus haut niveau et dans plusieurs disciplines, des déplacements en France et à l’étranger toujours appréciés)

Le problème est de savoir comment justifier quelque chose qui par nature n’est pas quantifiable. Il n’y a pas d’appareil pour mesurer l’effet transformateur de la beauté sur les gens, l’importance de la contemplation, ou même le bonheur que l’on éprouve en venant au Cadre noir / (en venant à Saumur).
Ce numéro ne propose pas LA solution aux problèmes actuels, mais suggère une diversité de points de vues, pour mettre en avant ce qui fait la richesse de cette institution, en comparant notamment avec la situation dans quelques pays, avec comme principe intangible : Le Cadre noir doit se maintenir au plus haut niveau de l’excellence équestre.

Les trois missions qui sont l’essence du Cadre noir, transmission, compétition, rayonnement au travers les représentations publiques, sont l’ADN de cette institution.
En retirer une, c’est contribuer assurément à déséquilibrer cette institution, lui supprimer tout son sens, voire à lui retirer toute légitimité.

“ La fonction suprême du Cadre noir est de transmettre l’équitation de tradition française aux générations futures via la formation, via le prestige, grâce à des numéros pédagogiques et via la compétition qui est une expression de cette équitation ”

(Colonel Patrick Teisserenc, écuyer en chef).

Réfléchir sur l’avenir du Cadre noir, c’est respecter l’axiome commun à toute organisation : une mission, un chef et des moyens.
Les missions, au nombre de trois, comme marqueur d’identité propre :

Transmettre, Concourir et Rayonner

“ N’ayez pas d’objectifs médiocres, ce sont les plus difficiles à atteindre ”

(Général de Gaulle)

Puisque l’ENE n’a plus le monopole de la délivrance des diplômes d’enseignants, et que la compétition ne peut relever des missions étatiques, certains expriment que le Cadre noir se limite aux représentations publiques, comme vitrine de son savoir faire. Laurence Sautet (écuyer du cadre noir depuis 2001), s’alarme d’une telle éventualité “ Si nous perdons le sens patrimonial de notre identité et ne pouvons pas assurer la transmission, l’institution risque le déclin et nous n’avons plus de raison d’être. Il existe d’autres centres de formation et d’autres compagnies de spectacle ”.

En quelque sort, le Cadre noir n’est pas à vendre.

 

Un chef

La dilution des responsabilités conduit à la ruine du système qui avait fonctionné jusqu’alors.
Si l’écuyer en chef est administrativement sous l’autorité du directeur général de l’IFCE, il doit retrouver / conserver non seulement sa place comme / être directeur adjoint de l’Ecole nationale d’équitation mais également ses missions, d’où découle son autorité : être le garant de la doctrine équestre française, et responsable de l’instruction.

Ainsi, l’écuyer en chef pourra mettre :

“ en synergie ses missions, formation professionnelle, sport de haut niveau, recherche, diffusion de la culture équestre française ”

(Général Durand)

L’exécution des missions pour maintenir une équitation d’excellence, pose évidemment la question des moyens.

Quelle place les pouvoirs publics, en en premier lieu l’Etat et la Région veulent –ils donner au Cadre noir ? Derrière les formules usées jusqu’à la corde “ tout est politique ”, “ c’est Bercy qui décide ” il devient plus qu’urgent que les acteurs concernées par l’avenir du Cadre noir (Etat, région, Fédération Française d’Equitation, partenaires économiques et sociaux) tracent une voie à suivre qui assure au Cadre noir le prestige et la place qui est le sienne.

“ Ambassadeur de l’excellence française ”, au même titre que la haute couture ou la technologie aéronautique, “ tradition qui représente une image de la république ”, “ image de l’équitation française et de l’art équestre dans le monde entier ” le Cadre noir est l’objet de tous les superlatifs, et aucun n’est usurpé.

Se renouveler sans se renier. C’est à notre génération de relever le défi face à des enjeux identifiés et difficiles.

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