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04/12/09
Passionnée de cheval, elle va en faire son métier
Chaque
jour, Pauline Basquin, aspirant écuyer au Cadre Noir, monte ses huit chevaux.
Pauline Basquin est l'une des trois femmes écuyers de l' École nationale
d'équitation de Saumur. Entre respect et admiration, la jeune aspirant écuyer
nous raconte sa passion pour le Cadre Noir.
Il est 15 h. Sur sa monture, Pauline Basquin avance au pas au milieu des pins
qui peuplent les 400 hectares du Cadre Noir. L'aspirant écuyer rejoint l'une
des quatre écuries de l'École nationale d' équitation ( ENE ), celle de
concours de saut d'obstacles. Chaque jour, cette jeune Rennaise monte ses huit
chevaux, dont cinq pour le saut d'obstacles, sa spécialité, et trois pour les
spectacles du Cadre Noir. Elle dispense également un cours d'une heure à des
élèves étrangers. ( Cette complémentarité me plaît beaucoup, confie cette
jeune femme de 30 ans, qui monte à cheval depuis toute petite. Mes parents
tiennent un poney-club à Pacé, près de Rennes. Je ne me souviens même pas à
quel âge j'ai monté mon premier poney, peut-être vers 4 ans. Une licence de STAPS
(activités physiques et sportives) en poche, Pauline ne se destinait pas à
exercer son métier dans l'équitation, encore moins au Cadre Noir, qu'elle
estimait inaccessible. Mais finalement, enseigner le sport enfermée dans une
salle, ça ne me plaisait pas. Alors, retour aux sources et à sa passion de
toujours : Pauline Basquin est recrutée en 2006. Élégance, légèreté et
discrétion dans le grand manège , quelques visiteurs observent
l'élégance d'un cavalier. (C'est Philippe Limousin, le maître écuyer. Un
pilier de l'école, relève Pauline. Très bel exemple de l'équitation à la
française, tout en légèreté et harmonie avec le cheval. lci, le cavalier
s'efface pour mettre son cheval en valeur.L'élégance discrète des écuyers se
révèle aussi à travers leur tunique noire. Une tenue que Pauline attendait
avec impatience. Je l'ai revêtue quand je suis passée aspirant écuyer, en
2008. C'est une vraie fierté. Mais c'est aussi un peu de pression,
souligne-t-elle. Aujourd'hui, j'admire des écuyers comme Fabien Godelle, très
méthodique, calme et rigoureux. Des qualités dont elle s'inspire pour porter
les valeurs du Cadre Noir. Sur les 43 écuyers, seulement trois sont des femmes.
Même si la tradition a longtemps pesé dans le recrutement, ça évolue. Mais
les femmes ne sont toujours pas autorisées à réaliser les sauts d'école,
comme les cabrioles, courbettes et croupades. J'aimerais bien essayer,
mais c'est vrai que ces démonstrations sont assez masculines, brutales mêmes.
De leur côté, les trois femmes écuyers se sont servies de leur féminité
pour créer un nouveau tableau pour les spectacles. C'est un pas de trois où l'on
a réussi à apporter notre touche féminine dans le tracé et la musique.
Jusqu'à l'année dernière, ce n'était pas possible, car l'ancien maître de
manège ne voulait pas mettre les filles en avant. Comme quoi, ça évolue !
Caroline BONNIN.