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Hommage au Prince Philip

La photographie a été prise en 1978, à la remise des prix d’une des épreuves qui se disputaient à Goodwood à l’occasion des championnats du monde de Dressage. A cette époque Lord March organisait sur sa propriété de Goodwood house, chaque année, un magnifique concours de Dressage qui pouvait rivaliser avec celui d’Aix La Chapelle. Ceci a pris fin en 1993 lorsque le fils de Lord March, passionné de chevaux vapeurs, à lancé un festival de voitures automobiles très prisé dans ce pays.

Le prince Philip a consacré de longues années de sa vie aux chevaux et à l’équitation.

Meneur, il a longuement pratiqué l’attelage et a très efficacement contribué à son développement qui, grâce à lui, est devenu l’une des disciplines de la FEI en 1970.

il a participé à de nombreuses compétitions d’attelage à quatre chevaux , obtenant, notamment,  six médailles d’or par équipe en championnat du monde et trois médailles de bronze en championnat d’Europe.

Président de la Fédération équestre internationale de 1964 à 1986, il a passé le relais à sa fille, la princesse Anne, qui a assumé la fonction jusqu’en 1994.

L’histoire se souviendra de cette période favorable pour l’équitation, particulièrement le Dressage. En effet pendant la présidence des princes britanniques la commission de Dressage de la FEI était aux mains d’hommes de cheval. Elle était présidée par le colonel Nyblaeus, puis Wolfang Niggli, deux cavaliers respectés. C’était la garantie que la discipline resterait inspirée par son règlement international.

Il en va différemment de nos jours. La commission est maintenant présidée par monsieur Frank Kemperman, directeur du CHIO d’Aix la Chapelle, la plus importante compétition équestre organisées au monde, tout au moins pour le nombre et la qualité des épreuves disputées.

Déjà, à la fin du siècle dernier, de notables changements étaient intervenus dans le Dressage de compétition. Ainsi l’autorisation de concourir la muserolle serrée, et même très serrée…Mais aussi avec le retrait du règlement international d’un paragraphe important stipulant que c’était à l’allure du pas que les imperfections du dressage étaient les plus évidentes. Le pas, « la reine des allures » en équitation française !  Plus encore, en 2003 entre à la commission de Dressage pour quelques années Sjef Janssen, époux d’une championne olympique. C’est l’entraîneur qui a vulgarisé l’hyper flexion de l’encolure, plus connue sous le nom de Roll Kur. Ce procédé de dressage très sévère n’en finit pas d’alimenter les polémiques, et seule la Suisse a osé l’interdire.

Enfin la détente des concours internationaux est surveillée par un steward qui doit s’assurer que les concurrents n’emploient pas de procédés contraires au code de conduite de la FEI et au bien être des animaux. Il n’y a pas de fumée sans feu….

La compétition de Dressage se dispute désormais avec de magnifiques chevaux, la plupart très doués, achetés très chers pour beaucoup, montés par des cavaliers adroits qui emploient des « techniques » très souvent éloignées de l’art équestre mais favorisant le spectaculaire.

Dans ce contexte mondialisé on peut se demander quel intérêt il y aurait pour le Cadre noir a entrer dans un jeu auquel sa tradition, sa culture, mais aussi les budgets qu’il peut y consacrer ne l’avantagent pas. Car si l’écuyer doit exercer sa domination sur sa monture il se doit d’y parvenir par une sorte de partenariat dans lequel l’obéissance, consentie et non forcée, procède de l’intelligence, de la patience et du tact. Il aurait sans doute plus à y perdre qu’à y gagner.

                                                               

Colonel Carde Avril 2021

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