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Capitaine Saint Phalle (1867-1908)

Saint-Phalle

Né en 1867, le marquis de Saint Phalle, issu d’une bonne famille, fit des études brillantes et fut reçu à la fois à Saint-Cyr et à l’École polytechnique. Il choisit Saint-Cyr et la cavalerie, sans doute par passion. Il conserva toutefois l’esprit mathématique qui le dis­tinguait et qui est perceptible dans ses ouvrages. Travailleur acharné et cavalier orgueilleux, il n’admettait pas l’échec.

Vie équestre

Il fit l’acquisition d’une jument très perturbée, qui s’emballait systématiquement au point qu’il était impossible, pratiquement, de la monter et entreprit de la dresser malgré l’avis contraire de son entourage. Il se consuma littéralement à cette tâche, travaillant des heures en manège et consultant des centaines d’ouvrages. Il restait jusque tard dans la nuit à son bureau, accumulant les notes fébrilement. De ce travail naîtra son premier ouvrage : Dressage et emploi du cheval de selle (publié en 1899).

Ce livre, ajouté à son talent équestre, en fit un personnage célèbre dans le milieu du cheval. Ses jugements catégoriques sur les maîtres du passé ne manquaient pas de soulever de nombreuses polémiques. En 1901, alors qu’il jouissait déjà d’une belle réputation, le marquis de Saint Phalle fut envoyé au cours d’instruction de Saumur. On l’y attendait, naturellement, de pied ferme. Voici ce que raconte Étienne Saurel dans son Histoire de l’équitation des origines à nos jours: «L’accueil fut mitigé. Tandis que les camarades restaient dans l’expectative, le général inspecteur, de passage, lui décocha un: «Tiens! Voilà un maître qui vient à l’école», et le commandant ajouta un ou deux chevaux à son piquet réglementaire, sans doute pour faire bonne mesure. Saint Phalle comprit sans mal, releva le défi et, menant de front équitation et études, travailla comme un forcené, prit sur ses nuits, se surmena et sortit avec mention «très bien».

Il fut alors affecté au Cadre noir comme capitaine écuyer. Il travaillait énormément, passait de longues heures en selle en dehors des reprises et de l’enseignement. Il montait et dressait de nombreux chevaux — surtout des juments — qu’il amenait aux airs de haute école et aux airs de fantaisie, comme le trot ou le galop en arrière et le galop sur trois jambes. Il consacrait également du temps à l’étude, prennent beaucoup de notes pour un nouvel ouvrage.

En publiant une méthode à trente deux ans, Saint Phalle avait fait preuve d’une certaine assurance, qu’on ne manqua pas de lui reprocher. James Fillis, notamment, l’accusa de se placer au dessus des grands maîtres du passé sans leur porter le respect qui leur était dû. Entre les deux écuyers, le ton monta rapidement. Critiques et explications publiques, pamphlets, réponses, leur différend enfla au point de devenir une controverse qui agita le monde de l’équitation. Pour finir, en 1904, Fillis mit Saint Phalle au défi d’exécuter en public les airs de fantaisie qu’il se vantait de maîtriser et, en particulier, d’obtenir un changement de pied au galop en arrière.

Saint Phalle releva le défi et se mit à travailler d’arrache-pied avec sa jument demi-sang Théo et son pur-sang arabe Iran. Sa santé, déjà altérée par le surmenage, l’obligea à plusieurs reprises à interrompre son entraînement, mais, en août I905, il fut à même de présenter, devant un jury composé de trois écuyers, les airs en question. Le procès-verbal signé par le capitaine Lafont et accompagné de photos fut envoyé à Fillis. Mais Saint Phalle avait sans doute trop tiré sur la corde et ne se remit jamais des efforts excessifs qu’il s’était imposés. Il tomba malade et, après plusieurs séjours en sanatorium qui lui laissèrent tout juste le temps d’achever Équitation, son deuxième ouvrage, il s’éteignit à l’âge de quarante et un ans.

Ouvrages

1899 : Dressage et emploi du cheval de selle
1908 : Équitation